Thursday, March 12, 2015

Trois langues dans ma bouche, Frédéric Aribit

Trois langues dans ma bouche, Frédéric Aribit

Avec le basque comme langue grand-maternelle, l’occitan gascon en traces familiales, le français étatique et scolaire avant d’être apprivoisé au jeu des mots et des références littéraires, le narrateur se bat avec plusieurs langues dans sa bouche qui ne les contient jamais toutes, jamais assez.

C’est l’occasion pour lui de retracer un parcours, fil d’Ariane de mots émus sur le fil d’un territoire parsemé de souvenirs, les classes bilingues qui séparent ceux qui en sont de ceux qui n’en sont pas, les émois d’autres langues plus charnelles, la découverte qu’une langue est tout autant politique que poétique.
Mais Aititxi, c’était aussi une langue, la saveur truculente d’un parler qui n’appartenait qu’à lui. Le substrat basque, qui constituait le fond primaire chez tous ceux de sa génération avant que les choses ne s’inversent, se mêlait d’un adstrat français qui pouvait occasionnellement, le terme exact faisant défaut dans son vocabulaire initial, interférer par métaphore, ou par une espèce de traduction littérale dont le prosaïsme soudain nous faisait parfois beaucoup rire. Malicieux, il aimait détourner telle ou telle expression idiomatique qui reprenait alors une vigueur nouvelle, et l’on ne savait jamais bien si ces déformations, ces inventions, ces néologismes spontanés étaient l’effet de quelque maladresse lexicale de compensation de sa part ou plutôt d’une étonnante aptitude poétique à jouer d’une langue à l’autre.
Trois langues dans ma bouche (éditions Belfond, 2008, 202 pages), est le premier roman de , écrivain et essayiste né en 1972 à Bayonne.

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